Hisoire de NDDN

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D’abord enseveli sous plus de cent mètres de glace, ce qui allait devenir Notre-Dame-du-Nord à vu le jour il y a environ 10 000 ans. Notre territoire a conservé des vestiges encore plus anciens que cette dernière glaciation. Nos ancêtres d’il y a 400 millions d’années, des fossiles, y ont miraculeusement survécu à l’érosion de plusieurs glaciations, dont la dernière qui a façonné le relief de notre municipalité.

Fig.1 Fossilarium  5, rue Principale à Notre-Dame-du-Nord

Source : Fossilarium de Notre-Dame-du-Nord

Selon l’historien Marc Riopel, les Algonquins sont venus s’établir dans la région du lac Témiscamingue il y a environ 4 000 ans puis se sont établis à la Tête du Lac il y aurait environ 600 ans[1]  En 1892, ils étaient déjà 243.

Fig.2 Indiens à la Tête-du-Lac (Notre-Dame-du-Nord) vers 1915.  A noter la qualité de leurs vêtements d’hiver.

Source : SHT, PH3-2-13

L’époque du bois équarri

C’est la faute à Napoléon! A partir de 1806, Napoléon soumet l’Angleterre à un blocus incluant la Russie grand fournisseur de bois. L’Angleterre se tourne alors vers le Canada pour s’approvisionner. C’est ainsi que le bois de l’Outaouais supérieur incluant le Témiscamingue est exploité commercialement pour la première fois. A partir de 1840 des concessions de coupe sont accordées à de gros marchands. Les énormes pins sont équarris pour former des radeaux ou cages que l’on fait descendre par la rivière des Outaouais jusqu’à Québec pour être ensuite expédiés en Angleterre. À l’apogée de cette activité, vers 1900, jusqu’à 5000 hommes et 2000 chevaux œuvraient dans la région du Témiscamingue dont ceux des jobbers Gillies et Klock dans les limites de ce qui est aujourd’hui Notre-Dame-du-Nord.

Fig. 3  Assemblage de cages (radeaux fait de pièces de gros pins équarries) dans la baie Paulson à Notre-Dame-du-Nord pour être expédiées vers Québec. Le bateau à vapeur est le Beaver.

Source : Notre-Dame-du-Nord 1896-1996 (livre du Centenaire), page 47

Le 4 décembre 1806, les marchands de bois fondent la compagnie Upper Ottawa Improvement Co. (abbréviation ICO) située à l’extrémité du chemin de la Gap. Ils y restent en activité jusqu’en 1978. Le 29 août 1978, la dernière estacade quittera la Gap pour Témiscaming.

Fig. 4   Approvisionnement en blocs de glace sur le lac Témiscamingue pour les cuisines de l’I.C.O.  (Pour l’entreposage au froid à l’aide d’un mélange du brand de scie et de glace)

Source : Notre-Dame-du-Nord 1896-1996 (livre du Centenaire), page 57 

Le village de Notre-Dame-du-Nord apparait vers 1902. Il est le résultat de l’arrivée massive de colons et est facilité par la vente de terrains par les Amérindiens et le boom minier de Cobalt. On appelle alors notre village Tête-du-Lac ou Témiscamingue-Nord par opposition à Témiscamingue-Sud (Témiscaming aujourd’hui). Pendant un certain temps, Notre-Dame-du-Nord s’appelle Murray City et les rues portent des toponymes anglophones, le temps que ce Jobber retourne à Pembrooke.

Fig. 5  Quand Notre-Dame-du-Nord s’appelait Murray City 1907-1908

Source : SHT, PH3-2-13

Fig. 6  Le bateau à vapeur Météor accosté au quai de Notre-Dame-du-Nord vers 1914

Source : SHT, PH3-5-4

En 1906, sur l’initiative du père Laniel, des démarches sont entreprises pour la création d’une municipalité dite des « Cantons unis de Nédélec et Témiscamingue ». Il demande aux gouvernements fédéral et provincial que la réserve soit érigée civilement en canton afin que les Blancs puissent se doter d’une organisation municipale. Le Conseil de bande accepte que la partie non concédée de la Réserve et celle concédée soient incluses dans les limites de la future municipalité, à la condition que les membres de la bande soient exempts de taxes.

Le 24 mars 1909, la municipalité du canton Nédélec (futur Notre-Dame-du-Nord plus Nédélec) voit le jour. La population est alors de 300 personnes et premier maire est Josaphat Dupuis.

C’est en 1911 que sont achetées des parcelles de terrain sur lesquels passe le chemin Front-rivière-des-Quinze en direction de Rouyn. Ceci deviendra la rue Principale.

Nédélec se sépare de nous en 1919 et la première réunion du conseil de Notre-Dame-du-Nord sans la partie nord (Nédélec) et qui est encore officiellement sous le vocable de Partie sud du canton Nédélec, se tient le 2 février 1920. Le premier maire de Notre-Dame-du-Nord autonome est Procule Ranger.

Fig. 7  Les gens de Notre-Dame-des-Quinze retournant chez-eux à bord du traversier après avoir assisté à la messe du dimanche à Notre-Dame-du-Nord. Entre 1913 et 1919.

Source : SHT, PH3-5-3, ex 2

Fig. 8  À gauche le Magasin général Procule Ranger (+ barbier, photographe, tabagie, etc.) et à droite l’hôtel Delhalle.

Source : SHT, PH3-4-11

En juin 1917, le conseil de Notre-Dame-du-Nord adopte le règlement sur la prohibition.  Il engage des policiers à salaire relativement élevés afin de faire respecter ce règlement. A leur salaire s’ajoute la moitié des amendes prélevées. Ce règlement est resté en vigueur jusqu’en 1961.

En août 1922, le Conseil municipal doit prendre des arrangements avec les Amérindiens afin de pouvoir charger au Conseil de bande leur quote-part pour l’entretien des chemins.

Les premiers trottoirs de Notre-Dame-du-Nord sont apparus en 1925. Ils sont de bois et chaque résident est responsable de son entretient. C’est également sous l’initiative de la municipalité qu’en 1924 elle exige la vaccination de ses citoyens contre la variole. En 1939, Notre-Dame-du-Nord est une fois de plus à l’avant-garde en faisant un don au Club athlétique afin d’aménager une salle pour les jeunes.

L’émergence d’un service d’incendie remonte à octobre 1938. Une commission est alors mise sur pied afin de doter la municipalité d’un système de protection contre les incendies.

En 1956 Notre-Dame-du-Nord s’agrandi. Il y amalgame Notre-Dame-des-Quinze sur la rive est, Meaux dans les Côtes-à-Perreault. Le hameau de la Northern Quebec Power qui comprenait une vingtaine de familles n’est pas dans les limites de la municipalité mais y est relié par sa proximité.

Fig. 9 Hameau de la Northern Quebec Power en 1965

Source : Michel Villeneuve, artiste illustrateur (crayon graphite, 2019)

Notre-Dame-du-Nord sera d’abord surtout agricole puis viendront se greffer des industries manufacturières dont Témisko et Les Maisons Champoux. Notre-Dame-du-Nord aura même sa propre fabrique de beurre.

Fig. 10  En agriculture, les bœufs sont lents mais la terre est patiente

Source : SHT, PH22-1-16, A

Pour desservir la population en service, il y aura la paroisse Saint-Joseph passée de desserte missionnaire à paroisse avec curé résident en 1896, les écoles primaires et secondaires et plusieurs autres services : médecin résident, quincaillerie, magasin de meubles, photographe, restaurants, etc. sans compter son équipe de base-ball et ses courses de chevaux!

Fig. 11  Sœur St-Jean de l’Eucharistie, Sœur Grise de la Charité (née Marie-Anne Brouillard) se rendant à son travail d’enseignante de Notre-Dame-du-Nord à la Réserve 1934-1950

Source : SHT, PH3-2-9b

Finalement, soyons reconnaissant envers nos pionniers qui n’ont pas eu la vie facile mais qui ont persisté à faire de Notre-Dame-du-Nord un endroit moderne où il fait bon vivre.

Fig. 12  D’hier à aujourd’hui.  Maison Joseph dit Bellarmin Perreault, lot 57, rang 5, canton Guigues au lieu-dit Les Côtes-à-Perreault. À cet endroit, on retrouvera plus tard le bureau de poste de Meaux. Photo prise vers 1910. Meaux sera ultérieurement annexée par Notre-Dame-du-Nord.

Source : collection Guy Perreault